lundi 13 avril 2020

Démocratie élargie II-IV

La tendance actuelle de beaucoup d'institutions face au confinement est de se rappeler à vous par l'un ou l'autre cadeau ou offre avantageuse... Pourtant ce dernier est inhérent aux théories dominantes régissant notre système social. Il est seulement rendu visible et explicite par la pandémie en cours. La pression habituelle est seulement renforcée.
J'y cède donc aussi, mais consciemment.
Une pandémie n'est  pas une maladie comme les autres. Outre qu'elle concerne les voies respiratoires, où s'échange cet air (qui nous révèle aussi la lumière) et que nous partageons entre nous, avec les animaux mais aussi avec les plantes, elle prend immédiatement aussi un caractère plus social que nulle autre.

Après > La tâche aveugle de la critique de société  il y a quinze jours, voici donc en une seule fois,  trois articles supplémentaires de la nouvelle série de Johannes Mosmann

> La cause originelle cachée du changement climatique
> Comment combat-on le néolibéralisme ?
> La signification de la machine
Ceux-ci peuvent aussi être considérés comme un prolongement bien utile de la page thématique entamée la semaine dernière :
>
Corona ou immunité sociale ?



L'ensemble demande cependant d'essayer de sortir, durant ce confinement devenu visible, par une lecture attentive,
d'un confinement plus profond qui est en même temps la cause de celui plus superficiel que nous subissons actuellement particulièrement en France où il est quasiment érigé en méthode de gouvernement. On n'y meurt donc pas seulement de corana. Vu plus globalement, les différences nationales en nombre de morts s'avèreront finalement plus imputables aux différences de systèmes politiques et leurs modes de gouvernement et d'administration, qu'au corona lui-même.
Certains ne parviennent à utiliser que des méthodes d'un autre âge qui nous saisissent plus dans notre base animale, voire même vitale plutôt que de s'adresser à ce que nous construisons patiemment sur ces mêmes bases vitales. 



Hamster "libre"  (Wikipedia)
Pourrions-nous surmonter une certaine ressemblance au hamster dans nos comportements?
D'abord celle des ruées d'achats de "précaution" ? Ils remplissent leurs abajoues pour rapporter la nourriture dans leur terrier. On a découvert des terriers contenant près de 90 kg de réserves alimentaires.
Puis, confinés, ces animaux "joggeurs" trouvent leur équilibre par l'insertion dans une roue sans fin comme beaucoup d'entre nous dans celle de la recherche d'informations (ou de distractions) par rapport à ce qui nous arrive via les dispositifs machinaux plus encouragés que jamais.

Hamster "confiné" 
Ces informations sont souvent de circonstances. Souvent construites avec une intention, parfois même avec des méthodes pensées, théorisées en fonction de buts pas forcément d'information. Aujourd'hui, leur multiplication et contradiction font partie de celles-ci. Ce devrait déjà être une question pour le simple journaliste... s'il reste conscient de sa subordination. Une question de déjà plus de cent ans maintenant.
Aussi, je le dis tout de suite, ce que je publie là, était écrit bien avant et aurait été publié de toute façon, mais de manière échelonnée.
Ces textes sont simplement une invitation à se distancier, à pendre conscience de ces phénomènes juste exacerbés, plus ou moins délibérément aujourd'hui. Celle de mieux comprendre comment ils nous atteignent peut-être plus intimement que nous le penserions, restant affairés.  Avec du recul, dès maintenant, ou à l'heure des bilans (à conditions qu'ils puissent être correctement documentés - il faudrait noter certaines choses dès maintenant), si suffisamment de gens prenaient déjà simplement ces thèses comme des hypothèses, une partie d'entre elles devraient  même devenir étayables par des statistiques...qui elles, ne l'oublions pas, sont toujours orientées par la question posée au départ. Mais c'est déjà moins grave quand donc, on annonce la couleur.

Beaucoup de mouvements religieux (y compris non chrétiens) soulignent ce temps de Pâques géant dans lequel l'humanité entière est plongée. Comme ceux qui n'ont plus vraiment de lien, même culturel,  à cette façon d'aborder le monde, chacun espère du changement, tout en ressassant ce qui est derrière. En tout cas, je ne lis ou entend pas grand chose de nouveau.
Je peux donc conseiller une conférence déjà publiée ici . Elle montre l'insuffisance de cette approche "pascale" si ne lui est pas apporté son complément dans des conditions d'automne. Il se trouve qu'en ce lundi de Pâques 1923, R. Steiner tirait aussi un bilan provisoire de son action pour une tri-articulation sociale. Il donne en quelque sorte une clef  "religieuse", mais finalement aussi de conduite pratique de la vie, à une situation qui était alors juste arrivée à sa première manifestation catastrophique guerrière et machinale et dont nous ne sommes malheureusement pas encore sortis :  Unité au printemps, différenciation en automne 
La question devient alors : "libre" sous l'esprit ? Ou libre face à l'esprit ?
(Qu'on rapporte cela seulement un peu à la question de l'expertise et de la gouvernance aujourd'hui...)
Autrefois (un autrefois déjà lointain), devant ce qui n'était alors encore déjà qu'une promesse pour la plupart, on disait,
joyeux, aux autres que l'on croisait :                             il est ressuscité !
C'est ce qui est menacé aujourd'hui. C'est ce qui reste aussi à prouver.
Ce n'est pas un complot, mais la marche de l'histoire. Toute la question est de savoir si nous voulons encore la garder entre nos mains.
Bonnes lectures.

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